Les traductrices

Cécile Pournin

Passionnée de mangas, Cécile Pournin a suivi des études pour apprendre le japonais. Elle fonde en octobre 2003 la maison d'édition de mangas Ki-oon.

 

Livres de La guerre des Clans traduits par Cécile Pournin :

Retour à l'état sauvage
À feu et à sang
Les mystères de la forêt
Avant la tempête
Sur le sentier de la guerre

Aude Carlier

Aude Carlier est diplômée du Master de Traduction Littéraire professionnel. Elle succède à Cécile Pournin dans son rôle de traductrice de La guerre des Clans à partir du tome 6.

 

L'interview exclusive d'Aude Carlier pour le site À la croisée des Clans !

 

Q : Où avez-vous trouvé l'inspiration pour le nom français de Jake (Caramel) ?

: Caramel était un chat de mon entourage, qui correspondait parfaitement à la description de Jake, tout simplement ! C'est un petit hommage...

 

Q : Avez-vous lu les premiers livres de la série (de Retour à l'état sauvage à Sur le sentier de la guerre, c'est-à-dire ceux que vous n'avez pas traduits) ?

: Bien sûr ! Je les ai tous lus avant de commencer à traduire. J'ai dû faire un tableau de correspondances entre les noms VO et VF pour conserver les noms choisis par la première traductrice, et j'ai noté les traductions des expressions récurrentes comme "cervelle de souris", les noms des saisons, des lieux, etc. pour que les lecteurs remarquent le moins possible le changement de "plume".

 

Q : Et sinon, appréciez-vous de traduire La Guerre des Clans ?
 
R : Beaucoup ! Les auteurs réussissent à se renouveler à chaque cycle et abordent brillamment des sujets difficiles comme le deuil, la guerre, la loyauté, l'injustice, l'intolérance, l'amour... On ne s'ennuie jamais !

 

Q : Y a-t-il un livre de la série qui a été plus difficile à traduire que les autres ?

R : Le premier (Une sombre prophétie), car, malgré les notes que j'avais prises, je devais sans cesse tout vérifier dans les tomes précédents ! Je tâtonnais encore...

 

Q : De nombreux fans se plaignent du rythme des parutions, qu'ils trouvent trop long. Auriez-vous quelque chose à répondre à cela ?
 

R : Il faut savoir qu'au temps de traduction s'ajoute le temps de la correction du texte (plusieurs aller-retour entre la maison d'édition et chez moi) et le temps de fabrication de l'ouvrage ! Rome ne s'est pas fait en un jour... cela dit, avec les hors-série et les romans illustrés, l'éditeur essaie de raccourcir le délai entre chaque publication.

 

Autres interviews d'Aude Carlier :

 

Q : Le fait de traduire des romans dans le domaine SF/fantastique/fantasy, c’est par goût j’imagine ? Ou est-ce un hasard ?

R : Les deux mon capitaine ! J’ai commencé en littérature générale mais le hasard m’a orientée vers le fantastique/fantasy/SF. Mes lectures ont toujours été diversifiées. En traduction, c’est pareil, j’aime bien varier les plaisirs.

 

Q : Parlons des aspects positifs. Qu’est-ce que vous aimez dans ce métier ?

R : La liberté totale d’organisation (qui me permet donc d’élever mon fils et de bosser pendant ses siestes, le soir et le week-end !) Le renouvellement perpétuel : on ne fait jamais la même chose, on apprend sans cesse, on ne s’ennuie jamais ! L’univers des livres m’a toujours fait rêver, et je suis ravie d’y contribuer. Par ailleurs, j’apprécie de pouvoir tenir entre mes mains le fruit de mon travail (comme ça, j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile, de concret).

 

Q : Et pour les négatifs ? L’aspect « solitaire » de ce travail ne vous pèse-t-il pas trop ? Et sa relative précarité ?

R : Un peu, heureusement qu’Internet a changé la donne et qu’on peut facilement « échanger » avec les collègues, ce qui brise un peu l’impression de solitude. Comme j’ai la chance de traduire, entre autres, des séries, j’ai tendance à oublier la précarité de mon statut !

 

Q : Évoquons maintenant votre parcours. Quand avez-vous su que vous aviez envie de faire ce métier ? Avez-vous toujours été attirée par les langues ?

R : J’ai toujours aimé l’anglais, peut-être parce que quand j’étais petite mon père me demandait « Did you sleep well? », « Is it good? », des trucs comme ça, c’était un jeu... Et c’est lié à la musique aussi. Ado, j’ai commencé à traduire en français les paroles des groupes que j’écoutais... et j’ai vu que souvent ça ne voulait rien dire ! Au lycée, arrivée à la fin de la seconde, on me conseillait une première S. Je ne voulais pas m’engager dans une voie sans avoir de vrai projet alors j’ai réfléchi aux matières que j’aimais (anglais, philo, français) et à ce que je ne voulais pas faire (prof, bosser dans un bureau avec des contraintes horaires). J’ai donc gardé l’anglais, et comme j’avais toujours adoré bouquiner, la traduction s’est plus ou moins imposée. Faut dire, mon grand-père était traducteur, ça m’a sûrement mis la puce à l’oreille... et du coup j’ai fait un cursus littéraire...

 

Q : Avez-vous suivi une formation ? Et si oui, laquelle ?

R : Oui, cursus LLCE anglais option métier du livre puis traduction littéraire à partir de la licence, jusqu’au master de traduction littéraire professionnel de Paris VII.

 

Q : Quels sont vos meilleurs souvenirs de traduction ?

R : Des moments intenses en traduisant certains passages très poignants, où j’étais tellement plongée dans le texte que je vivais vraiment la scène, avec bouffée de chaleur, palpitations etc. Ça, c’est magique ! Se relire quelques mois après avoir traduit et s’étonner soi-même... en bien ! Traduire un auteur de BD américain que j’adulais depuis la fac ! Ça, c’était un peu un rêve de gosse devenu réalité !

 

Q : Et les pires souvenirs de traduction ?

R : Traduire un essai sur le Moyen-Âge, énorme, avec des tas de recherches, des textes en latin, en vieil occitan, plus un index et une bibliographie, le tout à rendre dans un temps record. Douze heures de boulot par jour sept jours sur sept pendant quatre mois, c’était un vrai marathon. Si je suis contente du résultat, je ne le referai pas, c’est trop mauvais pour ma santé !

 

Q : Comment avez-vous trouvé votre premier job de traducteur ? Est-ce vous qui avez démarché les éditeurs ? C’était tout de suite un roman ?

R : Pendant le master, j’ai fait un stage chez un éditeur qui m’a ensuite confié des boulots de rewriting, puis ma première traduction : un roman de littérature générale.

 

Q : Quels sont selon vous les pièges à éviter pour de jeunes traducteurs ? Un conseil à ceux qui aimeraient se lancer ?

R : Ne pas croire qu’il suffit de lire dans la langue source, d’avoir séjourné à l’étranger pour être capable de traduire. C’est un vrai métier et je conseille à ceux qui désirent se lancer de préparer d’abord un master pro. Si le diplôme n’est pas un sésame, le stage en maison d’édition compris dans le cursus permet de nouer les premiers contacts qui pourront être cruciaux par la suite (je parle en connaissance de cause). 

 

Site ActuSF, avril 2009

 

Q : Comment traduit-on un livre comme ceux de La Guerre des Clans ? Est-ce que ça prend du temps ?

R : Pour traduire la Guerre des Clans, il faut se mettre dans la peau d'un guerrier ! Le monde est vu à travers les yeux des chats, les voitures sont des « monstres », les hommes des « Bipèdes » etc. Les scènes en ville sont les plus difficiles à rendre, il faut faire comprendre au lecteur ce que les chats voient en utilisant leur vocabulaire limité. 

Le personnage d'Œil de Geai, qui est aveugle, représente un défi supplémentaire : sa perception du monde est plus limitée encore car elle vient essentiellement de son ouïe et de son odorat. Quand je traduis, je dois prendre tout cela en compte. 

Et, oui, cela prend beaucoup de temps car il faut sans cesse vérifier les allusions aux tomes précédents et inventer de nouveaux noms pour les personnages.

 

Q : Vous avez traduit de nombreux tomes de cette saga ; ce n'est pas trop dur de s'y retrouver, parmi tous ces personnages ?

R : Pour m'y retrouver, je me suis créé un fichier où j'ai noté, par cycle et par clan, tous les noms en anglais et leur équivalent en français. C'est ma bible, sinon, je m'y perdrais ! J'y note aussi les expressions récurrentes, les noms des lieux, des remèdes, etc...

 

Q : Souvent, les fans trouvent que la traduction des noms des personnages s'éloigne trop des noms d'origine. Pouvez-vous nous en dire plus sur la manière dont se fait le choix de ces noms ? D'où vous vient l'inspiration ?

R : Évidemment, quand c'est possible, je traduis les noms au plus près de l'anglais. Comme Spiderleg, qui devient Patte d'Araignée chez nous. Cependant, contrairement à la version originale, où un même nom peut désigner plusieurs personnages, j'essaie de m'arranger pour qu'il n'y ait pas deux guerriers qui s'appellent pareil, ni deux noms qui se ressemblent trop. 

Par exemple, Œil de Geai aurait dû s'appeler Plume de Geai (Jayfeather), mais je craignais qu'on le confonde avec Plume de Jais, du coup j'ai choisi un nom un peu différent, en me rappelant que ses yeux avaient la couleur du plumage de cet oiseau. (mais si, rappelez-vous, Vision, p.67, l.5) Ensuite, je privilégie la musicalité du nom, qui doit bien « sonner » en français et ne pas être ridicule. Je prends un autre exemple : si on traduit littéralement Leafpool (Feuille de Lune), on obtient Mare de Feuille ! Pas très poétique ! Pour elle, j'avais aussi d'autres contraintes : à sa naissance, Étoile de Feu l'avait baptisée Petite Feuille en hommage à la guérisseuse de l'ancienne forêt, et Museau Cendré lui avait choisi un nom de guérisseuse en rapport avec la Source de Lune (« Moonpool » en anglais). Je devais donc trouver un moyen de garder les références à ces deux noms, voilà comment Leafpool est devenue Feuille de Lune, nom dont j'aime beaucoup les sonorités, pas vous ? ^^

 

Q : Quel est votre tome/personnage préféré ? 

: C'est difficile à dire, il y en a tellement ! ^^ Je crois que mes tomes préférés sont « Clair de lune » (même s'il est un peu triste – ceux qui l'ont lu savent de quoi je parle !), car on découvre la Tribu de l'Eau Vive (que j'adore !), et « Soleil levant », le dernier tome du 3e cycle, qui sortira en mars 2014 ! Croyez-moi, il va vous plaire !
Du côté des personnages, j'ai un petit faible pour Poil d'Écureuil et son caractère bien trempé, et Œil de Geai – je trouve ses pouvoirs trop classes et j'admire la façon dont il dépasse son handicap pour accomplir de grandes choses. J'aime aussi Étoile Bleue, car elle a dû faire des choix difficiles pour son Clan.

 

Q : Avez-vous un « guerrier » à la maison ?

R : Malheureusement, non, je suis allergique aux poils de chat ! ^^ Je sais, c'est un comble ! Mais il y en a plein dans ma rue et je me demande souvent s'ils vivent des aventures comme celles de nos guerriers préférés... En tout cas, je prends plaisir à les observer, et je me dis « tiens, celui-là, il ressemble à Griffe de Ronce, et elle, à Feuille de Houx... »

 

Q : Et si vous pouviez adopter un chat, comment le baptiseriez-vous ?

: Si mon allergie disparaissait un jour comme par magie, j'irais aussitôt à la SPA pour adopter une petite chatte que j'appellerais Feuille de Lune. (Je vous ai déjà dit que j'aimais ce nom ?)

 

Page Facebook officielle de La Guerre des Clans, novembre 2013

 

Livres de La guerre des Clans traduits par Aude Carlier :

Tous à partir d'Une sombre prophétie

Fabienne Berganz

Fabienne Berganz est la traductrice de la série La Quête des Ours.

Frédérique Fraisse

Frédérique Fraisse est la traductrice de la série Survivants.

Commentaires (18)

Patte de Jais
  • 1. Patte de Jais | 01/03/2014

Super interview !

Tempête de Neige
  • 2. Tempête de Neige | 01/04/2014

Trop cool l'interview ! Moi aussi j'adore Poil d'Écureuil

Feuille de Sucre
  • 3. Feuille de Sucre | 03/04/2014

Chalut Thibaud, j'ai une question... qui est la traductrice de "La quête d'Étoile de Feu" ? Pourquoi n'est-ce pas Aude Carlier qui l'a traduit ?

Merci d'avance !

thibaud220

Bonjour Feuille de Sucre !
C'est Betty Peltier-Weber. Mais je ne sais pas pourquoi ce n'est pas Aude Carlier qui l'a traduit, désolé...

Queue de Rossignol
  • 5. Queue de Rossignol | 31/10/2014

Y'a un truc pas juste c'est qu'il faut traduire plus vite les livres parce que les anglais en sont au 5ème cycle et nous au 4ème...

FleurDeSoleil
  • 6. FleurDeSoleil | 16/02/2015

Oui et les allemands sont au 4ème tome du cycle 4!!!! Mais bon, il faut du temps...

trist132
  • 7. trist132 | 21/02/2015

J'ignorais qu'il y a eu 2 traductrices.

PerleDoree
  • 8. PerleDoree | 30/06/2015

C'est vrai que Feuille de Lune sonne mieux que Mare de Feuille.

Etoile-de-silex
  • 9. Etoile-de-silex | 04/11/2015

J'apprécie les traductrices mais qu'attendent-elles pour traduirent ce qui n'a pas été traduit ?
Exemple : guides

Lune_Flamboyante
  • 10. Lune_Flamboyante | 15/02/2016

On voit bien que ce n'est pas Aude Carlier qui a traduit La quête de d'Étoile de Feu, car Oeil du Ciel (son premier nom est simplement Ciel) devient "Veilleur de Ciel" dans le cycle 4 (quand Étoile de Feu en parle à Oeil de Geai.) Personnellement, je préfère Oeil du Ciel, c'est plus classe.

Plume-de-Lynx
  • 11. Plume-de-Lynx | 23/03/2016

Ca doit être dur de traduire les livres....

Lune-Flamboyante
  • 12. Lune-Flamboyante | 17/04/2016

Elle a l'air de se faire plaisir...

laguerredesclans
  • 13. laguerredesclans | 16/05/2016

Si j'avais un chat (ou plusieurs) à moi, je lui donnerait un nom de la guerre des clans ou un nom inventer mais du même genre que la guerre des clans. Un nom que j'aime beaucoup et que j'ai inventer, c'est Perle de Lune

Blizzard de Lune
  • 14. Blizzard de Lune | 11/06/2016

Va-t elle traduire les guides ?

Pelage Sombre
  • 15. Pelage Sombre | 20/06/2016

Maintenant je comprends pourquoi ça met du temps à traduire... 5 ans, je me disais que c'était pas possible !
Chez moi, j'ai deux minous qui ont des noms normaux + des noms de lgdc que j'ai inventé : pelage sombre et coeur de tonnerre ;)

Coeur_de_Foudre
  • 16. Coeur_de_Foudre | 26/10/2016

Ouah, super cette interview! Je vais prendre le temps de la lire! Moi je me suis inventer le nom Coeur de Foudre

Museau de Jais
  • 17. Museau de Jais | 08/01/2017

j'ai fais pareil que Coeur de foudre, je me suis inventé le pseudo Museau de Jais car j'aime beaucoup les chats gris avec un museau noir, et j'ai 3 chats que j'ai appelés Pétale de Myosotis, Oeil de Brume et Reflet de Lune et Pétale de Myosotis va avoir les chatons de Reflet de Lune youpiiii! ils vont être deux!( c'est le véto qui l'a dit) je vais les appeler Lune Solitaire et Coeur de Mauve!

désolé si je vs ennuie mais j'avais troooooooop envie de le dire! ^^

Plume-de-Gravier
  • 18. Plume-de-Gravier | 21/01/2017

Cool! cet intervew est passionnante!

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